Trois idées mortelles pour un cabinet

benoudizTrois idées mortelles pour un cabinet

Nous rebondissons sur l’article de l’excellent Laurent BENOUDIZ paru sur le site Compta-Online le 20 octobre 2016 dernier (téléchargeable ici).

Si nous sommes d’accord globalement avec un grand nombre des constats relevés, cette tribune nous procure l’occasion de mettre en exergue trois idées qui nous semblent mortelles pour les cabinets, et qui ont souvent cours.

1/ La simplification administrative annoncée par l’Etat finira bien par porter ses fruits un jour

Laurent tord brillamment le cou à cette illusion, qui, si elle est encore espérée par un certain nombre de professionnels de l’expertise comptable, fait bien rire les chefs d’entreprises de Tpe/Pme qui ne voient que leur charge administrative croître au fil des promesses… et des années !

Plus cyniquement, ce « fond de commerce de la complexité » qui a été celui des cabinets, ne l’est plus, tant les clients refusent maintenant de payer de la « non-valeur ajoutée ».

2/ Un politique peut en cacher un autre… pour le plus grand bien de tous !

Dans sa conclusion (élections obligent), Laurent indique que la défaillance du politique étatique pourrait être compensée par le soutien du politique de la Profession.

Nous ne pouvons qu’espérer que ce dispositif d’assistance aux cabinets imaginé par le syndicat ECF puisse voir le jour et être couronné de succès, pour le plus grand bonheur des professionnels français.

Qui vivra verra…

Cependant, s’en remettre aux autres pour assurer son propre bonheur peut ne pas s’avérer suffisant.

3/ La dématérialisation de la production offrira les gains de productivité attendus

« Robotisons… robotisons… il en sortira bien quelque gain de productivité via l’automatisation de notre production. »

Ici, on sent Laurent à la fois un peu dubitatif sur le présent mais en même temps farouchement optimiste pour le futur !

En effet, tous les indicateurs de la productivité ont basculé au rouge sur l’exercice 2015 sur un panel des 100 plus grands cabinets de la Profession : on saura bien un jour ce qu’il en est sur les 12.000 autres. Mais bon…

Comme la courbe tendancielle de la rentabilité des cabinets ne fait que baisser depuis des années, on se doute un peu du résultat, à savoir que les quelques (rares) gains volumétriques provoqués par l’outillage massif des cabinets sont contrebalancés négativement par les pertes en valeur sur les honoraires. Car le panier moyen baisse lui aussi inexorablement.

Ce qui veut dire que ces gains volumétriques sont trop faibles et trop lents à produire leurs effets.

Ces trois idées nous semblent être des « pièges mortels » de la pensée des cabinets

Espérer que le monde va subitement changer sous l’effet d’une soudaine et heureuse régulation venue d’ici ou d’ailleurs, présente quelques risques de désillusion.

Universellement, le politique joue sa partition avec plus ou moins de bonheur, plus ou moins d’honnêteté et plus ou moins de réussite. D’ailleurs, sa plus grande réussite est souvent de comprendre le sens de l’histoire, et de ne pas tenter de le contrarier.

De la même façon, croire aux « outils-miracle », c’est une autre naïveté qui produit inlassablement des dégâts dans le résultat des cabinets : la foi aveugle dans les gains de la dématérialisation n’échappe pas à cette règle.

La robotisation provoque (ou accompagne) une baisse des honoraires plus rapide que les gains de productivité induits : l’ignorer revient à se voiler la face.

Faut-il baisser donc les bras et accepter l’inéluctable ?

Nous ne le pensons pas, mais notre mantra, c’est plutôt « faisons notre bonheur nous-mêmes ! ».

Quatre axes nous semblent déterminants pour ce faire :

  1. La vente et la facturation des honoraires des cabinets ne sont pas actuellement optimisées…
  2. …d’autant que la « vraie valeur » attendue par les clients n’est pas actuellement proposée par ceux-ci
  3. L’organisation de la production reste « l’ingrédient zappé » de la recherche de productivité par beaucoup
  4. Le management de projets, la gestion du changement et la motivation des équipes est une fonction faible des cabinets, et c’est le second « ingrédient zappé » de la recherche de productivité.

Si nous traitons abondamment les trois premiers points dans nos blogs, le quatrième mérite une illustration.

Pourquoi beaucoup de projets de dématérialisation ne décollent pas

Une grande partie des éditeurs de 3e et 4e génération comptable ont fondé leur développement sur un business model basé des outils en saas et sur une tarification au dossier : ceci abouti à un coût pour le cabinet par dossier et par mois.

Le constat est le même chez tous ces éditeurs : des centaines de cabinets clients testent leurs outils sur quelques dossiers, puis le projet ne décolle pas.

Le manque de méthode et d’organisation, le manque de charisme et d’animation, l’engluement dans les contraintes productives basiques du quotidien… semblent être les causes essentielles de la plupart des projets remis à plus tard… ou avortés.

Et ces causes aboutissent toujours aux mêmes conséquences : manque de temps et de moyens qui ne font que renforcer l’inertie apparente d’une majorité de cabinets, malgré leur envie d’avancer vers la dématérialisation et son caractère inéluctable.

Nous parlerons abondamment de ces sujets à la journée de lancement du Turbo’Club le 30 novembre 2016 à Paris avec de nombreux animateurs et témoins.

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